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Histoire du beret

 

Etymologie et légende

 
En effet, Noé aurait disposé de la laine fraîchement tondue au fond du bateau, pour servir de litière aux animaux. Au bout de 40 jours de voyage après le Déluge, la laine feutrée aurait donné naissance à la matière première du béret. La légende ne raconte pas comment est arrivée la coiffe.

La plupart des sources consultées pensent que béret est un nom d'origine gauloise.

Xavier DELAMARRE (2003, p.76) écrit que birrus est un cuculla brevis rapporté comme gaulois (Schol. de Juvenal, 8, 145) [?]. C'est ce que montre le celtique insulaire mais il n'y a pas d'étymologie indo-européenne démontré.

Jacques LACROIX dans les Noms d'origine gauloise La Gaule des activités économiques (2005, p.171-172) a consacré un paragraphe à birrus.

Le nom d'un manteau court porté en Gaule, birrus, est cité plusieurs fois dans les premiers siècles (voir Pierre-Henri Billy dans Thesaurus Linguae Gallicae - 1993). Le nom byrrhus est cité dans l'Édit de Dioclétien fixant des prix plafonds : Afin de favoriser le commerce et stopper l'inflation, l'empereur fait frapper des monnaies en bon or et bon argent ainsi qu'en bronze. Pour conjurer la crise économique, il promulgue, en 301, un édit, l'Édit du Maximum, fixant le prix plafond des salaires et d'un millier d'articles groupés en trois catégories alimentation, matières premières et produits manufacturés. Voir Geneviève Roche-Bernard, Costume et textile en Gaule romaine (Errance, 1993, p.26, 150-151) et Paul Imbs, Trésor de la Langue Française, IV, 1975, p.406-407).

Au IV e siècle, le santonicus cucullus est défini comme une sorte de birrus, une probable capote en laine à capuchon enveloppante et de faible longueur.

Et béret viendrait d'un dérivé de birrus, *birretum, un « petit birrum ».

Comme cagoule qui vient de cucullus (manteau gaulois), le nom béret est issu de celui gaulois d'un manteau à capuchon qui désignera une coiffe.

 

Le béret, couramment défini comme une toque de laine ronde et plate, vient du mot béarnais "berret" que Simin Palay, auteur du Dictionnaire du Béarnais et du Gascon modernes, désigne comme la coiffure des Béarnais, des Gascons et des Basques. Dans les Landes, on le désigne également par les termes de "bounet" ou "capet". De nos jours, si la taille et sa couleur varient selon les régions, il est devenu le béret de tous.

 

Histoire

Au delà de la légende, le port du béret semble lié à près de 2000 ans d’histoire. Civile, militaire et religieuse à travers le monde. Quoi de plus surprenant, en effet, à découvrir chez toutes les civilisations, la capacité d' utiliser la matière première (laine du mouton) fournie par la nature pour se protéger, et plus encore, pour affirmer une identité propre au travers du signe distinctif du couvre-chef.

Si le béret demeure un emblème national, il fut avant tout une spécialité ossaloise, donc béarnaise, que l' on ne peut plus dater; le patrimoine en témoigne aujourd'hui, comme à l' église de Bellocq, datant du Xllle siècle.

Cette coiffe pastorale est mentionnée pour la première fois dans un texte landais datant de 1461 : "de même, tout berettier qui posera ses bérets au marché, pour tout placage et droit de table, paiera un sol morlan"...

Cette coiffure a fait aussi partie d' un ornement sacerdotal rouge foncé, qu' au temps de Saint-Cyprien, évêque de Carthage, martyrisé en 258, on baptisait "le byrrium".

D' après de nombreux témoignages; le béret fut popularisé et répandu par les guerres carlistes en Espagne (1834-1840) qui lui confèrent en même temps son assimilation au Pays Basque.
Les modes du pyrénéisme et du thermalisme vont contribuer à sa renommée dans toute l' Europe au moins à partir du Second Empire.

Même s' il demeure fortement lié à l' histoire du costume militaire dans le monde entier, le béret reste aujourd'hui d' autant plus Béarnais qu' il n' est plus fabriqué en France que dans cette région : (2 entreprises), d' où il repart vers une conquête plus pacifiste et prestigieuse. Bérets aux couleurs vives, bérets brodés ou simples bérets noirs retrouvent leurs lettres de noblesse jusque sur les podiums de la haute couture.

Aujourd'hui, le repère social que donnait le port du béret a disparu. Les enfants ne le portent plus pour aller a l' école. Aussi, lorsqu' on essaie d' imaginer un instant le prototype du porteur de béret moderne, on voit un homme de plus de 50 ans issu de la campagne ou des montagnes.

Mais au niveau régional, le béret, porté par les facteurs parfois en hiver, par les skieurs et les jeunes agriculteurs béarnais, reste incontestablement une réalité qui se vit toujours au quotidien. En réalité, il ne fait que subir les conséquences d' une mode qui veut qu 'aujourd'hui les jeunes ne portent pratiquement plus de chapeaux.

Pourtant, dans la mode, les revues et les défilés ne s' en passent pas. Les stylistes du monde de la haute couture se le sont approprié et l’on souvent transformé ; qu' il soit sobre ou accessoirisé il est toujours d' une arrogante élégance. II se porte avec impertinence, coquetterie, espièglerie, désinvolture, humour...

II habille et donne l'air que l'on veut avoir, comique, snob, ou mondain.

Ainsi, même si aujourd'hui la casquette américaine semble avoir pris le dessus chez les jeunes et les moins jeunes, le béret n’est pas encore mort.

La clientèle potentielle existe partout, de par sa très grande notoriété : beaucoup de locaux, mais aussi d' anciens béarnais qui ont quitté la région et qui en achètent pour leurs amis, des étrangers qui vivent à Pau ou des touristes de passage, des étudiants.

II reste le symbole des fêtes au cours desquelles Aspois et Ossalois l' utilisent toujours. Lors des cérémonies du 8 mai et du 11 novembre, ceux qui portent le drapeau en achètent un neuf, et les américains et les japonais en rapportent comme souvenir...

Aujourd'hui, les caricaturistes se servent du béret pour représenter le français typique avec la baguette et le litre de rouge. Étant un élément qui s' inscrit au plus profond de la tradition, il a également cette représentation dans l' imagerie des touristes étrangers qui le trouvent singulier. Mais c' est aussi souvent chez eux la coiffure des snobs et il est distingué de porter le béret "noir" à l' étranger pour se donner un "air français". Et cet "air français", c' est tout ce que la France a de positif, ce qu' on lui envie, ce pourquoi on l' aime et ce pourquoi on veut toujours l' imiter, loin de ses frontières. 

 

 

Le béret autrefois

 

Autrefois, tout le monde en Béarn portait le béret, des plus jeunes aux plus anciens. Entre huit et douze ans, un garçon recevait un béret pour aller à l' école ; c' était comme une tradition initiatique, une manière de lui dire qu' il était entré dans le monde des adultes. Les jeunes filles le portaient aussi et après la guerre, il remplaça les chapeaux d' uniforme dans plusieurs écoles de la région. Cependant, le béret restait le symbole de l' homme, couvre-chef de I' habit quotidien de I' homme.

Il représentait le couvre-chef rural par excellence...

Plus qu’une simple protection contre la pluie ou le soleil, le béret marquait une identité régionale puis nationale jusqu' a devenir le symbole du patriotisme français en temps de guerre. Présent dans la culture du quotidien, il servait de porte-monnaie ou pour la cueillette, mais il a surtout marqué des générations d’enfants au travers de leurs jeux : lancer du béret, berretole, course de béret...

On en retrouve des traces de nos jours dans les règles du saut de la course landaise.

La langue gasconne nous a transmis de nombreuses expressions toutes aussi imagées que la façon dont les porteurs de bérets traduisent leur humeur à la manière de placer ou de bouger leur couvre-chef.

Aujourd'hui, les bérets colorés et brodés viennent renforcer la fonction de communication de cette région.

Si le béret reste présent dans sa fonction première de protection, il entre également dans le monde du design, de la signalétique, de !a publicité et la valorisation touristique du département des Pyrénées-Atlantiques, réunissant sous une même tête, la culture béarnaise et la culture basque.



Thème d'une chanson célèbre, inspirant des architectes comme des pâtissiers, défendu par des entreprises ou la confrérie "Gardarem lou berret", le béret entre au musée. Ceci signifie un passage : la fin d' une forme de culture, rurale qui I'a fait naître, des inventions technologiques en évolution, I' accès à un véritable statut patrimonial ; le béret accède a une autre ère, celle de la communication et de la mode de demain.

LA CHANSON DU BERET